Radioclit. Ce nom vous dit peut-être rien ou pas grand chose mais ils sont de véritables stars dans le monde. Peu connu en France ce duo Franco-Suédois composé d’Etienne Tron & Johan Karlberg fait avancer la musique dans le bon sens. Duo aux multiples influences ils ont travaillé avec M.I.A., Soko ou encore produit l’album de leur petit protégé originaire du Malawi, Esau Mwamwaya.
Présentes nous rapidement le duo Radioclit.
Etienne : Un Français et un Suédois qui se sont rencontrés et vivent à Londres. Djs, producteurs, beatmakers, arrangeurs on est un soundsystem dans tous les sens du terme. Tu peux nous trouver par monts et par vaux en train de répandre le bonne nouvelle musicale : on bosse avec des rappeurs, des chanteurs, des Américains, des Brésiliens, des Africains, des Français on a vraiment pas de limites. Comme j’aime bien dire en ce moment on est un peu les Indiana Jones de la musique. On essaie de trouver des sons inexplorés pour être là où les gens ne sont pas encore allés.
Quels sont les artistes qui vous ont poussé à vous investir dans la musique ?
Johan écoute du rap depuis qu’il a à peu près 5 ans. Le rap nous a vraiment lié au début. Surtout où le dirty south & le rap sudiste sont arrivés. C’était à l’époque où l’on s’est rencontrés, au moment où Lil Jon et tout ces trucs là sont sortis, on était vachement à fond. Mais on a toujours eu un œil, un pied dans chaque scène. Pour moi les deux plus importants groupes de ma vie quand j’étais un peu teenager c’était Guns’n’Roses et le Wu-Tang. Après c’est personnel. Johan c’est un peu différent.
On a aussi un côté rock biensûr qu’on a pas tellement exploité dans nos productions. Mais ca va venir notamment avec l’ex-chanteuse de Bonde Do Role, Marina, qui adore le rock avec qui on va sûrement produire des morceaux dans le délire rockabilly.
En parlant de collaboration, vous avez collaboré avec pas mal d’artistes. Comment ces collaborations se sont elles présentées à vous ?
Jusqu’à maintenant c’est nous qui avons poussé pour contacter les artistes. C’est toujours plus facile d’entrer en contact avec des artistes pas encore connus comme pour M.I.A. (que j’avais présenté à Diplo à l’époque) ou Vampire Weekend qu’on a rencontré avant qu’ils explosent. Ca c’était les débuts de Radioclit. Maintenant que nous sommes un peu plus connus il arrive que ce soit l’inverse. Y a eu deux exemples y a 2 semaines où le même jour deux groupes nous ont contacté et qui font parti de nos groupes préférés : Architecture In Helsinki & The Ruby Suns un groupe néo-zélandais.
Ces deux groupes veulent qu’on bosse ensemble prochainement. On espère qu’avec le succès il y aura d’autres gens qui nous contacteront. Jusqu’à maintenant c’est nous qui contactions les gens.
Vous avez produit le premier album Esau Mwamwaya comment s’est passée cette collaboration ?
C’est le tout premier album qu’on a produit de A à Z et ca s’est très bien passé. Il y a dessus quelques featurings dont M.I.A., Vampire Weekend, Marina de Bonde Do Role en gros tout des gens qu’on aime bien.

Comment vous êtes vous rencontrés avec Esau Mwamwaya ?
C’est très simple et ça montre bien qu’on a pas besoin de passer du temps sur Internet et de voyager à l’autre bout de monde pour trouver des gens talentueux.
Il avait un ptit bizarre dans mon quartier. A l’époque on habitait à 300 mètres l’un de l’autre avec Johan, et y’avait cette boutique à mi-chemin entre nos deux apparts. Comme j’aime bien fouiner - je lui avais acheté un vélo pour 3 fois rien à l’époque - j’y suis retourné et quand j’ai changé d’appart’ dans le quartier je l’ai invité à ma pendaison de crémaillère. Il a commencé à parler à Johan - juste au moment où nous on était à fond dans la musique Africaine et on cherchait des percus – et il s’est avéré qu’il était lui-même percussionniste. C’est pour cela qu’on le surnomme le Phil Collins Africain. Car il chante et joue de la batterie en même temps. On l’a donc fait venir en studio pour enregistrer des percussions et il s’est mis à chanter, on a fait un morceau en quelques heures avec lui, puis un deuxième, un troisième etc.. Avant qu’on ait eu le temps de dire « ouf » on s’est rendu compte qu’il fallait qu’on fasse un album avec lui. Ca s’est fait naturellement.
T’as monté ton label Uppercuts en 2006, non ?
Oui mais en fait c’est fini. Ma stratégie au départ c’était de me faire financer par Domino Records et le problème c’est qu’ils ont tout payé ce qui était super cool mais j’étais pas propriétaire du catalogue. J’avais donc l’impression de bosser pour quelqu’un d’autre. Résultat, en ce moment avec Johan on est en train de monter notre propre label, Ghetto Pop, sur lequel on a signé notamment Esau Mwamwaya. Avec Ghetto Pop je pense donc continuer un peu ce que je prévoyais de faire avec Uppercuts en prenant un peu plus de risque financièrement mais en contrôlant plus ce que je fais.
Vous allez signé des artistes venant d’horizons différents ?
On va voir, là on sort cet album là. C’est déjà un gros truc, on va voir comment ça se passe. On bosse vachement avec Marina peut-être que ça sortira sur Ghetto Pop. On sait pas trop pour le moment. Le dernier mec que j’ai sorti sur Uppercuts c’était Bab Lee, un artiste de la scène coupé/décalé que j’ai mis un an à contacter et maintenant qu’on bosse ensemble, j’aimerais bien par la suite continuer cette collaboration.
D’où viennent toutes les sonorités africaines que vous avez dans vos remixes & compositions ?
Déjà les gens se disent que c’est l’Afrique parce qu’on bosse avec des chanteurs africains mais il m’ait arrivé de sampler des trucs qui viennent de séries, de perçus japonaises, c’est bien plus qu’Africain. La musique Africaine fait parti de ce qu’on écoute. Spécialement en ce moment dans la scène club africaine y a des trucs de fou qui sortent. Y a des morceaux qu’on passe en ce moment que personne ne connaît et on se dit que si c’était fait par un Anglais demain, ça révolutionnerait la club music. C’est dingue. L’Afrique fait parti de notre univers musical mais il est très varié. En ce moment par exemple on écoute beaucoup de musique gitane, on est pas totalement obsédé par la musique Africaine.
Des nouvelles collaborations à venir ?
Oui, pour un groupe qui s’appelle Yo Majesty qui vont sortir leur premier album bientôt. On a fait également un morceau avec Santogold et M.I.A. qui devrait sortir très prochainement. Diplo va sortir un vynil, Hoovertronix, où dessus on a réalisé un remix de Fischerspooner, Emerge qu’on a remixé à la sauce Africaine. Sinon, on va sortir un nouveau maxi, Secousse, avec pleins de gens au micro dont Afrikanboy puis pleins de gens qu’on a booké lors de nos soirées Secousse à Londres.
Un retour en France prochainement ?
Ben écoute oui peut-être je pousse un peu le truc.
Vous avez fait des podcasts intitulés « ghetto pop » pendant un moment, une suite à venir ?
C’était super cool mais ca fait un an et demi qu’on en fait plus de une par manque de temps, de deux car on préfère garder nos ptits secrets. On préfère que les gens viennent nous voir en live. On a envie de faire des compil’ mixées pour Fabric peut-être. On a eu la chance d’être exposé à beaucoup de musique, et y a 3-4 ans quand on balançait de la Baile Funk ou de la Baltimore on était pas nombreux à faire ça ce qui était excitant. Maintenant que c’est devenu un peu la norme et qu’on a nous aussi évolué dans le délire world music – ce qui je pense deviendra la prochaine mode – on a pas envie de dévoiler nos ptits secrets. Va y’avoir des mixes mais pas pour le moment. On veut faire les choses un peu plus pro.
Parles-moi des soirées Secousse que vous organisez à Londres.
Elles ont lieu dans un endroit pas très grand, un peu comme ici (Supermarket à Lille). Le délire c’est soirée tropicale, world music. C’est parti d’un constat simple : on en avait marre des soirées où la musique était à fond. Des endroits où y a une espèce de compét’ entre les dj’s à celui qui fera le plus de bruit, et on trouvait plus ce sens de la progression qu’il y avait dans les premiers clubs des années 70.
Dans les soirées Secousse, donc, on est seuls aux platines avec nos potes et on booke des groupes en live. Ca commence super tôt genre vers 7-8h du soir et ça démarre doucement avec de la musique traditionnelle. Le genre de truc que t’as envie d’écouter avec des potes avec un ptit cocktail de fruits. C’est que dans les deux dernières heures de la fin que ça devient la guerre des tribus, avec de la bonne musique qui envoie. Avant ça, ça monte progressivement : le cadre est hyper cool, on essaie de mettre des palmiers un peu partout, y a toute une déco qui va avec. Tout ça dans une ambiance un peu familiale, dans le but de réchauffer un peu l’ambiance des clubs où dans certains endroits c’est genre néons et lasers dans la gueule.
D’ailleurs je passe un message à tous les Français, Belges etc.. : c’est le deuxième vendredi du mois, c’est l’occasion parfaite de venir passer un week-end à Londres. Et deuxième messages à tous les gens qui viennent de France, de Belgique ou de n’importe où, qui prennent contact avec nous, on les mettra sur la liste et on leur paiera un cocktail. On a vachement envie que les Français viennent nous voir.
Radioclit @ Supermarket Club, Lille











à 8:05 .
Et bien sur écouter leur “Very best mixtape” en attendant l’album
à 8:05 .
j’adore ce mec!